Biographie

Le peintre


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Téméraire essai de définition et de classification

Entre Sambre et Piéton
L'oeuvre au noir
Les Cités Inconnues

Michel Meurée et Waljé

Walraevens Jean (Waljé)

Né à Gouy-Lez-Piéton (Belgique)
le 30 juin 1937
Décédé à Morlanwelz (Belgique)
le 25 octobre 2011

Académie des Beaux-Arts de Charleroi
Modelage chez A. Darville et Ch. Derouck
Peinture chez Jean Ransy
Fait partie de l'école de Châtelet avec Hector Chavepeyer - Ben Genaux
Nombreuses expositions personnelles

TÉMÉRAIRE ESSAI DE DÉFINITION ET DE CLASSIFICATION

Définir Waljé, c'est une entreprise à haut risque, qui ne peut se terminer que par une rupture avec l'individu, ponctuée de grands coups de gueule et de portes violemment fermées... Car l'homme ne veut pas être artiste, et surtout pas artiste peintre, appellation non contrôlée qu'il réserve avec mépris à certains manieurs de pinceaux compensant le manque de savoir-faire par d'évidentes qualités en matière de relations publiques, un goût prononcé pour les coquetels, une affèterie des manières et de l'habillement, l'usage abondant d'un vocabulaire puisé à diverses sources mystérieuses qui renvoient les non-initiés au dictionnaire et à l'anonymat obscurantiste.

Sûrement pas artiste peintre donc, l'homme Waljé.

Peintre, sans doute il lui serait difficile de le nier, la langue française pourtant si riche n'ayant pas prévu d'autre mot pour désigner celui qui "représente par des lignes et des couleurs".

Peintre, donc.

Dessinateur. Artisan, faiseur d'images ...

Images voilà peut être l'un des mots-clés de l'univers de Waljé.

Où le classer, Waljé ? A quel courant rattacher celui qui - défi ou sublimation - n'est heureux qu'à contre-courant ... Une école ? Une chapelle ? Le seul fait de se retrouver à deux devant le même portail lui ferait immédiatement rebrousser chemin. Et il n'aurait aucun mal à se convaincre qu'il n'a rien à faire avec cet autre-là ...

Par nature, mais aussi par choix, Waljé se veut seul. Il cultive l'individualisme comme une fleur rare, l'entoure de soins jaloux, le fait croître et l'entretient avec une opiniâtreté et une persévérance que beaucoup d'autres mettent à profit pour tisser des liens. Pour apprivoiser, dirait le Petit Prince de Saint-Ex. Que ferait donc Waljé de l'apprivoisement, de cette forme de domestication volontaire où l'on ne peut que perdre un peu de sa liberté ... Il n'hésite d'ailleurs pas à envelopper son droit à n'être que lui-même d'une écorce rugueuse et bourrue qui n'a rien du paquet-cadeau. Et avec une absolue mauvaise foi ...

Car lorsque Waljé redevient Jean Walraevens, il peut être le plus affable et le plus gai compagnon, cherchant mille raisons de ne pas rester seul devant sa chopine mousseuse, écoutant les uns, se faisant entendre des autres, la pipe ponctuant les larges cercles de la main, la barbiche rieuse en goguette. Mais puisant inévitablement dans ces rencontres fortuites ou provoquées, mille raisons d'être encore plus Waljé qu'avant.

Comme le grand Achille Chavée, Waljé restera "un vieux Peau-Rouge qui refusera toujours de marcher en file indienne".

A quoi bon, dès lors, tenter de définir ce qui est indéfinissable et classer ce qui échappe à toute classification ?

ENTRE SAMBRE ET PIÉTON

Un fil cependant. Ténu. Une filiation plutôt qu'une filière. Le baron Paulus, Marcel Gibon. Hector et Albert Chavepeyer. Châtelet. Un bout de Sambre ...

Car natif de Gouy-lez-Piéton, ce village porté par une dernière vague de terre limoneuse brabançonne jusqu'aux confins du Noir Pays, Waljé se sent profondément solidaire de ceux qui ont fait l'industrieux Charleroi, de ceux qui l'ont modelé de leurs mains, de leur sang, de leurs larmes de peine ou de joie.

Mais la Sambre a changé. Elle n'est plus le fleuve rougeoyant que peignait Paulus dans des oeuvres pleines de fureur et de bruit. La Sambre a changé ... Elle n'est plus qu'une rivière sale, supportant mal le long de ses rives meurtries, les ruines de son industrie agonisante.

Waljé n'a pas peint la Sambre. Mais sans doute a-t-il trouvé sur ses bords sa gamme de gris et - j'ose l'écrire au risque de côtoyer 'hérésie - sa gamme de noirs. Des gris et des noirs qui peuvent dégager une chaleur intense et finalement être très colorés.

Voyez ses têtes de mineurs ce ne sont plus des hommes esclaves à la vie rude, aux muscles douloureux, au faciès fatigué. Semblables aux hommes dieux d'Égypte, ils sont figés dans cette gloire hiératique mais rayonnante, cultivée par la ferveur populaire au fur et à mesure où le métier disparaissait.

Ils sont témoignage. Ils sont apologie.

Ils sont image ...

L'OEUVRE AU NOIR

Mais Waljé ne se limite pas au constat. Comme l'alchimiste qui, au départ de la matière vile, tentait de gagner l'infinie pureté, il est en recherche permanente, en sollicitation perpétuelle. Ce n'est pas par hasard qu'il ouvre cette plaquette parcourant son oeuvre sur "L'élévation de l'esprit". La voilà, sa voie royale et son chemin de Damas. Voici la quête du Graal de ce mystique qui l'avoue si mal. Une route difficile, un tunnel dont on croit apercevoir le bout, des interdits dont on doit se défaire ...

Introspection. Désarroi. Je m'interroge. Remise en question ...

Et toujours l'inévitable constat au bout du chemin, la mort. La mort, seule certitude, mais qui oblige justement, sous peine de banalité, à une vie riche.

L'oeuvre au noir de l'alchimiste Waljé, c'est ce long chemin vers des cités inconnues, ces parcelles de temps qu'il fige comme pour nous indiquer les étapes. Car ce grand solitaire est sans doute moins misanthrope qu'il ne veut paraître et s'il poursuit sa quête pour sa propre élévation, il laisse suffisamment de points de repère pour qu'on puisse l'y suivre ...

LES CITES INCONNUES

Waljé déclare modestement qu'il veut "voyager pour peindre et peindre pour voyager". Et il paraît évident que les voyages lui apportent un souffle nouveau, garnissent sa palette de coloris peu usités jusque là. Mais le monde qu'il parcourt est double monde du dedans et monde du dehors, celui qu'il habite et celui qui l'habite.

Le Mexique ? Et surtout l'Inde ? Des pays où l'esprit a tellement d'importance et le corps si peu.

Des peuples qui ont une vieille tradition de pensées et qui vivent le mystique au quotidien. Des hommes et des femmes qui donnent tout, surtout s'ils n'ont rien. Les yeux là-bas, sont ouverts sur le monde, parce que le monde n'est déjà plus le réel !

Mais le voyage chez Waljé, est avant tout intérieur.

Les yeux sont clos, les personnages sont aveugles, mais quelle intensité de vie ! Des têtes âpres mais sensibles, vigoureuses mais éclatantes. Et lorsque les yeux s'ouvrent, c'est en défi au monde ou en témoignage d'un combat qui se mène ailleurs. Toutes les grandes questions se posent, mais les réponses sont à l'intérieur ...

Pessimiste, Waljé ? Comment pourrait-on être pessimiste quand on a en soi un tel amour de la vie, tant de cités inconnues à découvrir.

Et à faire connaître ...

MICHEL MEUREE.

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